Villeurbanne : le maire refuse d’autoriser le port du burkini dans les piscines malgré la mobilisation de militantes musulmanes

La branche lyonnaise de l’association Alliance citoyenne avait demandé au maire de Villeurbanne de faire évoluer le règlement intérieur des piscines municipales pour autoriser le port du maillot de bain intégral.






Alors que les membres du collectif Alliance citoyenne ont multiplié les actions pour faire changer les règlements des piscines municipales de Grenoble et obtenir que les femmes musulmanes soient autorisées à se baigner en burkini depuis la fin du mois de juin, le mouvement vient de gagner Villeurbanne, en banlieue lyonnaise.

Des femmes de l’Alliance citoyenne du Grand Lyon ont en effet à leur tour demandé à Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, de faire évoluer le règlement intérieur des centres aquatiques de la ville. Si les membres de l’antenne lyonnaise n’ont pas encore tenté de forcer l’entrée d’une piscine municipale pour défier les autorités locales et se baigner en burkini comme l’ont fait les militantes de Grenoble le dimanche 23 juin, une première réunion publique a été récemment organisée dans la commune.

« Nous n’entendons pas revenir dessus »

Une seconde réunion destinée aux personnes souhaitant se mobiliser face « aux injustices et aux discriminations envers les musulmanes » devait d’ailleurs avoir lieu le mercredi 3 juillet à Villeurbanne, selon 20 minutes. Contacté par le quotidien, Jean-Paul Bret a été très clair, affirmant qu’il ne transigerait pas sur ce sujet. « Tout habit – que je ne nommerai pas pour ne pas entrer dans la polémique – est interdit et nous n’entendons pas revenir dessus », a-t-il déclaré.

L’édile a par ailleurs expliqué qu’il avait rédigé une lettre à l’intention de l’association Alliance citoyenne afin de lui faire part de sa position. « Je leur explique dans ce courrier que le règlement des piscines a été présenté et voté à l’unanimité lors du conseil municipal du 27 mai dernier. Et il a été validé par la préfecture. »


« Aucune juridiction n’a dit que nous devions changer le règlement »

Pour le premier magistrat de Villeurbanne, l’argument avancé par les militants du collectif – né en 2012 sur le modèle des groupements de communauté promus par la gauche radicale américaine – qui consiste à dire que l’interdiction du port du burkini constitue une pratique discriminatoire n’est qu’un « prétexte » qu’il juge « fallacieux ».

« Aujourd’hui, aucune juridiction n’a dit que nous devions changer le règlement. Mais si ces personnes veulent en changer en faisant comme à Grenoble, je rappelle qu’il y a des voies de droit pour contester ce règlement. Qu’elles les utilisent et on verra bien », conclut Jean-Paul Bret.

En refusant expressément de modifier le règlement intérieur des piscines de Villeurbanne, le maire respecte à la lettre les consignes données par Édouard Philippe suite aux actions menées par les militantes de l’association Alliance citoyenne à Grenoble.

« Dans les piscines publiques, il y a des règles sur les tenues qui doivent être utilisées pour venir se baigner et aucune conviction religieuse ne peut venir faire obstacle au respect de ces règles. Et il faut être ferme avec ces règles[…] Si l’on ne respecte pas cette règle, les choses peuvent vite déraper. La faire respecter strictement est un impératif républicain sur lequel il ne faut pas barguigner », avait ainsi souligné le Premier ministre pendant un entretien en direct sur Facebook le vendredi 28 juin.

Laisser un commentaire