Marine Le Pen : « L’Europe, Tchernobyl économique, social et identitaire »

À Metz pour le 1er mai, Marie Le Pen et le Rassemblement national ont lancé la dernière ligne droite de la campagne des élections européennes devant 1 500 militants. Dans son viseur, le Parti populaire européen, Emmanuel Macron et l’Europe « désincarnée » à laquelle elle a opposé celle des Nations.

 

Elle a entamé son discours en rendant hommage à Jeanne d’Arc, en citant Verlaine, le poète messin et a clos sa violente diatribe anti Union européenne de 25 minutes chrono en rendant hommage à Alfred de Musset, le nostalgique (« O patrie, ô patrie, ineffable mystère »). Son credo : la France d’abord, dans une Europe des Nations renouvelée.

Devant 1 500 militants un peu apathiques assis dans un parc des expositions désincarné, Marine Le Pen a lancé la dernière ligne droite de la campagne du Rassemblement national (RN) pour les élections européennes à Metz. Elle n’a pas choisi la Lorraine par hasard : la région, ainsi que l’Est au sens large et ses difficultés économiques, lui offre des scores élevés.

Exemple en 2014, lors du précédent scrutin européen : c’était un autre temps, mais la liste de Florian Philippot et ses 28,98 % devançait alors de 6 points celle de… Nadine Morano pour l’UMP. Crédité de 21 % aujourd’hui (derrière LREM % et ses 23,5 %), le Rassemblement national est en position de force en 2019 alors que les mouvements nationalistes ont le vent en poupe.

« L’Union européenne s’est créée sur une escroquerie. Ce n’est pas l’Europe, c’est un champ d’expérimentation du mondialisme, le laboratoire du nomadisme, le terrain vague du sans-frontiérisme […] L’Europe est un Tchernobyl économique, social et identitaire », assène l’oratrice devant un auditoire qui se lève de temps en temps pour scander le slogan rituel « On est un chez nous ! ».

« La France aux Français »

Lutte contre l’immigration, défense du « localisme contre le globalisme », critique du parti majoritaire européen (le PPE), écologie version RN : elle a déroulé de façon pédagogique mais sans souffle le programme de son parti pour le scrutin du 26 mai. Marine Le Pen a, par contre, laissé à son candidat, Jordan Bardella, tête de liste du RN, la charge contre Emmanuel Macron.

« Nous voulons que les Français puissent choisir le 26 mai entre l’Europe de Macron et l’Europe des Nations. Il faut arriver en tête, sinon, Macron va passer la 5e vitesse avec les réformes des retraites, de l’assurance chômage, une immigration facilitée ».

Il a tenté de réveiller une salle rassasiée de suprême de poulet et de mousse au chocolat en jouant sur les fondamentaux du mouvement : « L’avenir s’appelle nation, frontière, sécurité, protection, paix fiscale et bon sens […] À la manière des pompiers de Paris face aux flammes de Notre-Dame, nous devons résister. Et nous lever pour redire que la France appartient aux Français sinon à qui appartient-t-elle ? », interroge Bardella. Dans la salle montent quelques voix : « Aux arabes ! ».

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