Grenoble. Des femmes défient l’interdiction et se baignent en burkini à la piscine municipale

Un collectif de femmes musulmanes s’est baigné en burkini, dimanche, malgré l’interdiction de ce vêtement dans les piscines grenobloises. Elles ont écopé d’une amende et provoqué la colère à droite et à l’extrême droite.

Nouvelle polémique autour du burkini, ce maillot de bain intégral que portent certaines femmes musulmanes. Dimanche 23 juin, une dizaine d’entre elles ont choisi de se baigner en burkini à la piscine Jean-Bron, de Grenoble (Isère), où le port du burkini est interdit, contrairement à Rennes, par exemple.

Répondant à l’appel du collectif Alliance citoyenne, qui défend la « liberté de conscience » et le « libre accès aux services publics », ces femmes ont nagé avec des hommes et des femmes portant un maillot de bain classique, pendant une heure, dans une ambiance festive.


Une amende de 35 euros

Le personnel de la piscine leur a signifié qu’elles contrevenaient au réglement mais les maître-nageurs ne sont pas intervenus pour leur faire quitter le bassin extérieur de la piscine.

Après la baignade, les nageuses en burkini ont reçu la visite de la police, qui procédé à des contrôles d’identité et dressé des contraventions d’un montant de 35 euros, selon France Bleu.

La droite et l’extrême droite s’indignent

Pour Matthieu Chamussy, leader de l’opposition grenobloise, de droite et du centre, « le règlement municipal n’est plus appliqué, l’islamisme politique avance pas à pas, la cause des femmes recule ».

Le LR Alain Carignon, ancien maire de Grenoble, a dénoncé le « laxisme » de l’actuel maire écologiste Eric Piolle, qui n’a pas fait de commentaire.


« On laisse faire, on laisse faire, et un jour, on sera fait », a tweeté le député du Rassemblement national Gilbert Collard.

Le RN demande « la dissolution (…) des organisations islamistes affiliées à la confrérie des Frères musulmans »

Le Rassemblement national a dénoncé dans un communiqué une « provocation islamiste », qui vise « à revendiquer et imposer un communautarisme vestimentaire au même titre qu’est désormais exigée la mise en place d’un communautarisme alimentaire ».

« Sous couvert de la défense de droits individuels et d’une prétendue lutte contre les discriminations, les organisations islamistes qui s’infiltrent dans toutes les sphères de la société, menacent nos libertés et sapent les fondements de notre démocratie en cherchant à imposer les prescriptions et le droit religieux dans la sphère publique », a estimé le parti d’extrême droite, qui demande « la dissolution (…) des organisations islamistes affiliées à la confrérie des Frères musulmans ».

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a estimé sur Twitter que le burkini n’avait « pas sa place en France où la femme est l’égale de l’homme ». « Laisser faire ces activistes islamistes à Grenoble comme partout en France c’est renoncer à la République. Je ne l’accepterai jamais », a ajouté le président de la commission d’investiture de LR.


« Il ne faut aucun accommodement avec le burkini », a estimé pour sa part sur Radio Classique Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, qui a récemment démissionné de LR, dénonçant « la provocation » des femmes qui ont fait irruption dans une piscine de Grenoble dimanche avec cette tenue.

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