«En Italie, le nombre d’immigrés clandestins arrivés par la mer a chuté de 80 %»

Carola Rackete, capitaine du navire humanitaire Sea Watch, avait été arrêtée par la police italienne après avoir forcé le blocus mis en place par Matteo Salvini. Certains voient en elle une héroïne. Est-ce un sentiment partagé par la plupart des Italiens? Les ONG sont soupçonnées de faciliter l’immigration, parfois par idéologie…






Les unes après les autres, les enquêtes montrent que, dans leur majorité, les Italiens soutiennent la politique migratoire du gouvernement. Sur un ton désolé, l’institut statistique européen Eurostat a été obligé de constater, dans son Eurobaromètre du printemps 2018, que «l’attitude de l’Italie à l’égard de l’immigration est plus négative que la plupart de ses voisins». Par exemple, 74 % des Italiens y considèrent que l’immigration entraîne des taux de criminalité plus élevés, 58 % que les immigrés occupent des emplois «d’origine autochtone», 62 % qu’ils constituent un fardeau pour le système de protection sociale: des chiffres systématiquement supérieurs à la moyenne de l’Union européenne.

Dans une note interne, l’agence européenne Frontex accusait les ONG d’avoir contribué à entretenir les flux d’immigrés clandestins.

Dès lors, il est logique que six Italiens sur dix suivent Matteo Salvini, contre trois sur dix qui soutiennent Carola Rackete (sondage Tecné pour Quarta Repubblica, 2 juillet 2019). En Italie, les ONG no border n’ont pas bonne presse dans la population. D’abord, parce qu’elles sont pour la plupart étrangères (SOS Méditerranée, qui avait affrété l’Aquarius, est basée en France et Sea Watch est allemande) et que les Italiens trouvent qu’elles pourraient aller mener leurs actions ailleurs. Ensuite, parce que Matteo Salvini les a explicitement pointées du doigt dès son arrivée au pouvoir en juin 2018. Elles sont un peu son «meilleur ennemi»… avec Emmanuel Macron!

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