Émouvant hommage à nos héros : l’heure n’est pas à la polémique, mais…

L’heure est à l’hommage national rendu à nos deux héros du commando Hubert, morts au combat au Burkina Faso, pour libérer quatre otages détenus par des jihadistes.

L’heure est à l’hommage national rendu à nos deux héros du commando Hubert, morts au combat au Burkina Faso, pour libérer quatre otages détenus par des jihadistes.

Le pont Alexandre III et l’esplanade des Invalides se remplissent. La forte charge émotionnelle que contient cette cérémonie est omniprésente. La France oublie un instant ses divisions et l’ensemble de la nation salue le courage et l’esprit de sacrifice de ces deux soldats hors du commun.

Un hommage rendu à nos deux héros, mais aussi à tous nos soldats qui servent la nation et assurent notre protection, en payant trop souvent le prix du sang.

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello sont les dignes descendants du commando Kieffer qui débarqua le 6 juin 1944 sur les plages normandes.

Ils font partie de ces guerriers de l’extrême, pour lesquels aucune mission n’est impossible, le succès de l’opération primant sur toute autre considération, quels que soient les risques encourus.

En ce sens, cette mission des plus périlleuses est un succès, même si le prix payé est exorbitant. Mais pour beaucoup, la libération de deux otages irresponsables qui n’ont pas respecté les consignes de sécurité du Quai d’Orsay, ne compensera jamais la perte inestimable de deux soldats d’élite.

Pour le gouvernement, cette opération est aussi un message de fermeté envoyé aux djihadistes. La France enverra toujours ses meilleurs soldats pour combattre les terroristes et les preneurs d’otage.

C’est donc un mélange de fierté et de tristesse qui gagne le cœur des Français.

Fierté d’avoir des soldats de cette trempe. Seuls deux autres pays au monde sont capables de missions de l’extrême : les États-Unis avec les Navy Seal et la Grande-Bretagne avec ses SAS. Avec la France, ils forment un club très fermé.

Fierté de posséder une armée de première catégorie, avec des soldats exceptionnels. C’est grâce à de tels hommes que nous pouvons vivre libres.

Au passage du convoi funéraire sur le pont Alexandre III, c’est une déferlante d’applaudissements ininterrompus tout le long de cette magnifique haie d’honneur. L’émotion est totale.

Mais au-delà de la fierté légitime que ressent la nation, au-delà de la dignité de l’instant, le peuple français a le cœur lourd.

C’est l’ensemble de la Nation qui s’associe à la douleur des familles de nos héros, au lourd chagrin de leurs compagnes, la nation qui s’associe à la tristesse de leurs frères d’armes, tant la fraternité et l’esprit de corps animent les unités d’élite.

Le sacrifice de ces deux soldats d’élite nous rappelle que nous sommes en guerre et que nos militaires nous protègent, sur de nombreux fronts, fidèles à leur patrie et veillant à notre sécurité comme les centurions de Rome.

Au Sahel, ils sont 4 500 militaires, des trois armées, à couvrir un territoire grand comme l’Europe, depuis la Mauritanie jusqu’au Tchad.

Ils sont seuls. Les armées locales sont inefficaces et sans aucune éthique.
Les 10 000 Casques bleus sont sous-entraînés. Les Européens refusent de s’engager. Les Américains apportent une aide appréciable au renseignement mais n’engagent pas de troupes de combat.

C’est dans ce contexte difficile qu’évolue la force Barkhane. Les islamistes gagnent du terrain au point que les pays au sud du Sahel sont touchés.

Emmanuel Macron arrive dans la cour d’honneur des Invalides. Il salue les autorités militaires et civiles. Marseillaise devant le drapeau, revue des troupes.

Le président se rend devant les familles accompagné de Brigitte Macron.
C’est l’heure d’assumer, yeux dans les yeux, sa décision d’envoyer un commando sauver les otages.

Que dit-il ? Que ressentent les familles au-delà de la douleur et ? De la haine, de la colère ? Nul ne sait. Mais les larmes coulent…

Puis les cercueils arrivent, portés par les frères d’armes de nos héros, visage masqué et béret vert. Les binious retentissent. L’émotion est intense.

Les deux cercueils reposent au milieu de la cour d’honneur reliés par la sangle de sécurité qui unit les nageurs de combat.

Emmanuel Macron entame son discours.

Il rend hommage aux forces spéciales, souligne l’extrême difficulté de la mission, périlleuse mais nécessaire. Une décision qu’il assume totalement, rappelant que la France ne cédera jamais aux terroristes et n’abandonnera jamais ses enfants.

Il rend hommage aux deux guerriers d’exception, détaillant les conditions de l’assaut, mené dans la nuit du 9 au 10 mai 2019, au Burkina Faso, sans ouvrir le feu pour ne pas risquer la vie des otages.

Il rappelle les citations et décorations de nos deux soldats hors normes, morts en héros pour la France.

Rendant hommage aux forces spéciales mais aussi à l’ensemble des armées françaises engagées partout dans le monde, il rappelle que le sacrifice ultime est la part tragique de la mission.

C’est toute l’armée qui est en deuil, toute la nation.

Une nation n’est forte que par ses héros.

Le Président termine en élevant les deux héros au grade de chevalier de la Légion d’Honneur, ainsi qu’au grade de maître principal de la marine.

Sonnerie aux morts, minute de silence puis Marseillaise accompagnent cet instant.

Puis, le chant militaire « Loin de chez nous » est entonné, pendant que les cercueils sont acheminés vers l’église Saint-Louis des Invalides.

La cérémonie aux Invalides est terminée.

Ce fut une belle cérémonie rendant hommage à nos héros.

L’heure n’est pas à la polémique, mais cet hommage aux armées ne fait pas oublier les tristes comportements de notre président à l’égard de nos militaires.

Humiliation publique du Cema, poussé à la démission en juillet 2017.

Refus de célébrer la victoire de nos Poilus lors du centenaire de l’armistice de 14-18.

Insulte de notre armée d’Algérie, accusée de pratiquer la torture.

Quand le chef de l’État prendra réellement conscience du dévouement de nos soldats et de l’amour qu’ils portent à leur patrie, il leur accordera le budget qu’ils méritent : à savoir 2 % du PIB, soit 45 milliards par an.

On en est loin.

Jacques Guillemain

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