Augmentation du prix des cigarettes : combien allez-vous payer vendredi ?




Dès vendredi, les prix des cigarettes vont augmenter en raison de la hausse de fiscalité programmée par le gouvernement.

Les cigarettes seront plus chères dès vendredi en raison de la hausse de fiscalité programmée par le gouvernement pour réduire la consommation de tabac en France, une politique qui fait chuter les ventes au grand dam des cigarettiers et buralistes, mais semble porter ses fruits en termes de santé publique.

Publié au Journal officiel (J.O) jeudi, un arrêté ministériel daté du 30 janvier fixe les nouveaux prix – qui augmentent de 50 à 60 centimes – à la veille de leur entrée en vigueur. Cette hausse résulte du premier des deux relèvements de taxes, de 50 centimes chacun, programmés cette année par le gouvernement – le deuxième interviendra en novembre, avec l’objectif d’un paquet à 10 euros en novembre 2020.

Les Marlboro Red à 8,80 euros
Le prix du paquet de cigarettes le plus vendu dans l’Hexagone, celui de 20 Marlboro Red produit par le groupe Philip Morris, qui coûtait 8,20 euros depuis le 1er janvier, grimpe à 8,80 euros. C’est 10 centimes de plus que la hausse de taxes, «pour compenser la baisse des volumes de vente attendue» par le cigarettier, d’une ampleur comparable à celle enregistrée en 2018, a précisé une porte-parole.

Il y a un an, le 1er mars 2018, le gouvernement avait fortement relevé les taxes, amenant le prix du paquet moyen aux alentours de 8 euros (contre 7,30 euros auparavant pour les Marlboro Red par exemple). Cela avait fait chuter les ventes de 9,32% l’an dernier.

Face à la fiscalité «assez agressive» du gouvernement, «il faut que tout le monde s’y retrouve, or cette hausse va impacter notre équilibre économique», plaide auprès de l’AFP Jeanne Polles, présidente de Philip Morris France qui détient près de la moitié (45,2%) du marché. Le prix des Camel sans filtre passe à 8,50 euros contre 7,90 euros, soit là encore une hausse de 60 centimes.

Pour la plupart des prix des autres paquets de cigarettes les plus vendus dans l’Hexagone, la hausse sera de 50 centimes, comme pour les Gauloises blondes (Seita, filiale française du britannique Imperial Tobacco, groupe Imperial Brands), qui passent à 8,50 euros. Et deux marques phares de British American Tobacco (BAT), les Lucky Strike Bleu Classic et les Winfield Rouge, passent respectivement à 8,20 euros et 8,50 euros.

Comme ses concurrents, leur fabricant, Japan Tobacco International, craint que cette hausse ne provoque une «augmentation de la contrebande et des achats réalisés à l’étranger». Selon les fabricants de tabac qui financent leur propre étude, 1 cigarette sur 4 fumée en France vient d’achats frontaliers ou de contrebande.

Lundi les Douanes ont fait état de saisies record, en hausse de 15% l’an dernier, liées à un bond du «trafic de fourmi» – des petites quantités de tabac, importées via des valises ou par internet. Un nouvel emballage doit, à partir de mai, assurer une meilleure traçabilité des paquets vendus.

L’Etat représente 82,3% du prix

Du côté des anti-tabac, on estime que la politique gouvernementale, qui associe une hausse des prix à d’autres mesures — remboursement des traitements antitabac, paquet neutre –, mais aussi l’essor de la cigarette électronique, a motivé un nombre important de personnes à arrêter la cigarette. Selon les autorités sanitaires, le nombre de fumeurs a baissé d’un million en France en 2017.

Dans l’Hexagone, ce sont les industriels du tabac qui fixent les prix de vente mais l’État peut inciter à des augmentations en faisant varier les taxes, qui représentent plus de 82,3% du prix, tandis que 9,9% va dans la poche des buralistes et 7,9% dans celle du fabricant.

La Confédération des buralistes pointe une publication tardive des prix, qui va compliquer le travail des 24.500 débitants de tabac en France, ceux-ci n’ayant qu’une journée pour modifier leur affichage. Deux nouvelles hausses de 50 centimes sont prévues en 2020, à nouveau les 1er mars et 1er novembre. Le tabac, responsable de cancers et de maladies cardiovasculaires, tue quelque 75.000 Français chaque année.

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