19 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur suivis pour radicalisation

L’IGPN surveille 19 personnes – policiers et agents administratifs – suspectées de radicalisation.




Emmanuel Macron a appelé mardi 8 octobre à « un combat sans relâche » contre « l’hydre islamiste » en rendant hommage aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris tués par leur collègue, soupçonné d’avoir eu en sa possession des vidéos djihadistes. L’attentat, sans précédent au cœur d’une administration censée être l’un des fers de lance de la sécurité de l’Etat, vaut au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, une volée de critiques et plusieurs convocations au Parlement. Et ce, d’autant plus que selon « le Parisien », 19 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur sont suivis au titre de la radicalisation islamiste.

« Un nombre très marginal compte tenu des 149 000 policiers et agents qui composent l’Intérieur », commente l’un d’eux auprès du quotidien. Mais pour autant, un phénomène bien réel : « On ne se rend pas compte que cette problématique s’est diluée dans toute la société française », a d’ailleurs insisté mardi sur Europe 1 l’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic.

« On a eu des alertes […] maintenant on voit des militaires, des policiers radicalisés. Un jour, on trouvera peut-être un juge radicalisé, tout est envisageable ».

https://twitter.com/Europe1/status/1181457903510835201

Une instance de surveillance au sein de l’IGPN

Actuellement, donc, une vingtaine d’individus, fonctionnaires du ministère de l’Intérieur seraient suivis pour radicalisation. Ce sont des policiers et des agents administratifs, pas de membre d’un service de renseignement bien que, par le passé, certains d’entre eux ont perdu leur habilitation secret-défense à la suite de soupçons de proximité avec des individus radicalisés. « Le Parisien » précise qu’au plus fort de son activité, l’instance interne à l’IGPN en charge de surveiller la radicalisation de ses agents a suivi en 2015 une trentaine d’agents sur toute la France.


Depuis l’attaque du jeudi 3 octobre, de nombreuses voix accusent les autorités et cherchent à comprendre comment Mickaël Harpon a pu passer sous les radars.

« C’est un comble, on est capable de détecter les radicaux ailleurs mais pas en notre propre sein », peste un syndicaliste policier.

« C’est tout le système français de lutte contre le terrorisme, atteint en plein cœur, qui se trouve discrédité », va même jusqu’à affirmer sous couvert d’anonymat un ancien patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) dans « l’Opinion ».

Selon le ministère, il avait donné des signes de possible radicalisation au sein même de la direction du renseignement de la PP (DRPP) où il était employé. Selon un rapport interne de la DRPP, Mickaël Harpon, qui était habilité secret défense, aurait déclaré à deux collègues : « c’est bien fait » au sujet de l’attentat en janvier 2015 contre « Charlie Hebdo », mais ces derniers n’ont pas transmis de signalement écrit à leur hiérarchie. « Les signaux d’alerte auraient dû être suffisants pour déclencher une enquête en profondeur », a accusé Christophe Castaner, auditionné à huis clos mardi matin par la délégation parlementaire au renseignement.

L’assaillant était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance « islamiste salafiste », selon les enquêteurs qui s’interrogent également sur ses éventuels problèmes psychologiques vu son « comportement inhabituel et agité » à la veille de l’attaque. Deux enquêtes administratives confiées à l’Inspection générale du renseignement ont été ouvertes par le Premier ministre Edouard Philippe.




Sans attendre les conclusions, Christopher Castaner a tenté d’éteindre la polémique en demandant que toute alerte liée à la radicalisation fasse désormais « l’objet d’un signalement automatique », sans plus de précisions.

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